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Une secte chrétienne ?Comprendre l'épopée cathare aujourd'hui n'est guère aisé. La naissance de cette religion a eu lieu dans une société profondément religieuse. Y avait-t-il à cette époque d'autres certitudes que celles tirées des croyances religieuses ? Le terme d'épopée est peut-être excessif. Selon Anne BRENON, Directrice du Centre d'Etudes cathares - René NELLI, "Le catharisme aurait été un phénomène sans doute amplifié; jusqu'à quel point ne sommes-nous pas victimes des documents?" se demandait-elle en septembre 1993 en considérant par exemple que l'Inquisition aurait fait table rase de beaucoup d'écrits, laissant la place (avec ceux qu'elle a préservés) à toutes les exagérations (1). Reprenant la même hypothèse d'une certaine "manipulation" par l'Eglise, Monique ZERNER-CHARDAVOINE (2), dans la revue "Pays Cathare" de mars 1999, précise par exemple : "Je pense qu'il n'y a pas eu une hérésie unique, développée entre le XIème et le XIIIème siècle, et une église qui seraient cathares, contre lesquelles on aurait lancé, à un moment précis, une croisade. L'hérésie est multiple. Et il semble qu'on ait beaucoup exagéré les aspects organisationnels : l'idée même d'une institution ecclésiastique (pour les cathares) ne tient pas...". Sans aller si loin, le catharisme était-il ou non une doctrine chrétienne ? Certes, les livres de base (Evangiles, surtout celui de St Jean) étaient largement étudiés et commentés. Les objectifs des Cathares étaient incontestablement semblables à ceux de l'Eglise catholique, à savoir parvenir au salut éternel en suivant l'enseignement du Christ. Toutefois, les principes de base qui influençaient la sélection, l'analyse et l'interprétation des textes bibliques conduisent à une doctrine assez éloignée de l'enseignement de l'Eglise de Rome. A posteriori, il est permis de constater que les implications du christianisme n'étaient pas parallèles à celles du catharisme. Le dualisme distinguait le monde d'ici-bas (globalement mauvais) et celui de l'au-delà. Cela pose évidemment le principe de la vanité des espoirs et des efforts en l'amélioration de la vie sur terre. Néanmoins, ceci n'a pas empêché les Cathares et leurs dirigeants de participer aux tâches d'ici-bas. Le clergé cathare plutôt que d'être à charge de la communauté des croyants, n'hésitait pas à travailler pour contribuer à sa subsistance. Par ailleurs, la plus large ouverture d'esprit des Cathares face aux forces nouvelles de l'économie précapitaliste (l'approbation du prêt à intérêt qui permet le financement d'activités novatrices) aurait pu accélérer l'essor économique. Le catharisme du NordSi le catharisme méridional est à la mode, celui des contrées au nord de la Loire mériterait un examen plus attentif. Pourquoi les premiers "cathares" apparus en Flandre, en Hainaut, en Artois, dans la Principauté de Liège, à Cologne, n'ont-ils pas pu durablement s'implanter ? Quelle a été leur influence réelle ? Malheureusement, ici plus encore qu'aux bords de la Méditerranée, les sources historiques sont généralement dues à leurs adversaires. Le catharisme peut-il revivre?Dans le monde troublé que nous vivons, des sectes et des croyances diverses se développent. Les religions traditionnelles sont l'objet de bouleversements parfois accompagnés de volonté de purification ou de retour aux sources. Le catharisme peut-il revivre dans un monde où les repères moraux semblent aujourd'hui moins solides qu'hier? "Als cap de sept cents ans verdeja le laural" (dans sept cents ans, le laurier reverdira) chante un troubadour de la fin du catharisme. Nous y voilà ! En Languedoc, une certaine recherche d'authenticité culturelle conduit certains milieux à s'intéresser plus qu'hier au catharisme. Notes: 1. Voir par exemple le Midi Libre , 4.09.93.
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