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La reconquête du Comté de ToulouseAprès la mort d'Innocent III, le 16 juillet 1216, le Comte Raimon VI, qui s'était réfugié à la Cour d'Angleterre, va tenter avec son fils, le futur Raimon VII, de reconquérir ses Etats avec l'aide notamment de son puissant vassal, le Comte de Foix (1). Toulouse, où l'agitation autonomiste et hérétique n'a pas faibli, se libère. Simon de Montfort revient à la charge mais est tué au combat le 25 juin 1218. Les Rois de France qui avaient espéré recueillir les fruits des efforts des Croisés, craignent que le sursaut du Midi ne les prive de toute influence dans cette contrée. Ils se doivent donc de s'engager plus avant et personnellement dans la Croisade dont les buts politiques vont de plus en plus apparaître au grand jour. En 1219, le prince royal Louis (le futur Louis VIII) participa aux combats mais sans grand succès. En 1221, Raimon VI décède et son fils Raimond VII qui s'est acquis une solide réputation dans ses combats contre les Croisés français , lui succède. Un combat "autonomiste"La stratégie politique de domination des Français sur le Languedoc sous couvert de croisade contre l'hérésie, apparaît de plus en plus nettement aux Méridionaux. La Chanson de la Croisade, spécialement dans sa seconde partie écrite vers 1218/1219, ne mentionne guère la lutte contre les Cathares mais s'attache à magnifier la résistance des habitants du Languedoc unis contre l'invasion française. Evoquant des combats devant Toulouse où Simon de Montfort fut tué, l'auteur de la Chanson évoque les cris ardents des défenseurs toulousains par ces vers : "A mort ! A mort, foutus Français ! La roue de la Fortune a tourné! Vive Dieu, il nous rend Raymondet (Raymon VII), l'héritier de Toulouse, et le feu dans nos coeurs brûle à nouveau tout droit!" (Laisse 201) Les Catholiques du Languedoc ne pouvaient guère appuyer la Croisade ou combattre l'hérésie sous peine de passer pour traîtres à leur comte. Les Croisés comprendront vite que le Languedoc ne se soumettra pas de bon gré. La lutte ne cessera (selon Guilhem de Puylaurens) que le jour où ce peuple n'existera plus en tant que "nation" (avant la lettre). Notes: 1. Bernard de Foix fera sa soumission au Roi de France. Après être devenue coprince d'Andorre en 1278, la lignée s'éteignit au profit direct du Roi de France au XIVème siècle avec Gaston FEBUS, dernier comte de Foix mais surtout vicomte de Béarn. |
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