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La conversion par le verbe et l'exempleA l'aube du XIIIème siècle, le catharisme s'est largement développé dans le Languedoc au vu et au su de l'ensemble de la société. Une telle situation devenait chaque jour de plus en plus intolérable pour l'Eglise officielle et ne pouvait laisser indifférent le pouvoir royal. Toutefois, diverses initiatives seront prises pour tenter, par la persuasion, de convertir les hérétiques. Cela donna lieu à de grandes confrontations entre les prédicateurs "romains" et les représentants cathares devant un public qui n'hésitait pas à montrer ses préférences pour les seconds. Si dans le pays de langue d'oïl, le glaive écrasait largement les velléités contestataires, cette méthode semblait moins efficace dès l'instant où une large part de la population dont la noblesse embrassait l'hérésie. Certes, il y eut çà et là quelques tentatives forcées de reconversion et quelques bûchers mais ils restèrent isolés au XIIème dans les Etats du Comté de Toulouse. Dès 1206, un prédicateur d'origine espagnole, Dominique de GUZMAN, le futur St Dominique, fondateur des Dominicains, comprit vite que la persuasion viendrait de l'exemple. Il fallait concurrencer le clergé cathare sur des propres terrains : ceux du prêche et du dépouillement. Comme l'écrivait un chroniqueur de l'époque : "Ils (les Dominicains) se présentent dans l'humilité, allant pieds nus, sans or et argent ... . En quelque sorte, ils imitent en tout le modèle des apôtres ". Mais plus près de nous, c'est une religieuse belge, Soeur Sourire, qui nous avait enchanté avec sa chanson : "Dominique, nique, nique S'en allait prêchant Toujours souriant Pour convaincre les Albigeois Et les Albigeois convaincant." Les quelques succès de St Dominique, à FANJEAUX (1) notamment, ne furent pas suffisants pour calmer les ardeurs des autorités romaines. Il faut reconnaître que pour l'Eglise catholique, la méthode de l'exemple tentée par St Dominique, si elle devait être généralisée, représentait un bouleversement et un danger fondamental. Se transformer en une Eglise dépouillée "apolitique" comme l'Eglise cathare représentait la fin de la puissance ecclésiastique. Pour des papes qui tentaient d'imposer leur hégémonie pour "civiliser" la société féodale, cette tactique de dépouillement ne se concevait pas à grande échelle. Le débat entre les deux Eglises ne pouvait, selon la logique de la papauté, être tranché que par l'écrasement du plus faible. Notes: 1. Les Dominicains français sont encore divisés en 3 provinces : Paris, Lyon et Toulouse |
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